Pour une croissance juste, propre et durable : la nouvelle frontière du projet européen

La nécessité de construire un modèle européen de croissance « juste, propre et durable » représente un défi à la fois technique et politique. Afin de rendre cet agenda crédible, il est nécessaire de rechercher le maximum de synergies avec les objectifs économiques et sociaux poursuivis par ailleurs : la croissance économique, la cohésion sociale, le développement des pays moins avancés.

Bouger les lignes préconise un changement de perspective, en considérant la question environnementale non comme une contrainte mais comme l’opportunité majeure, pour l’Europe, de franchir sa nouvelle frontière économique, sociale, diplomatique.

Notre thèse fondamentale est que loin d’être théoriques, ces synergies positives existent et que de nombreux cercles vertueux peuvent être mis en place. Nous en avons identifié 8.

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Un prix positif du carbone pour sortir de l'impasse

Retrouvez ici la tribune publiée le 4 décembre 2015 dans les Echos à l'occasion de la COP 21 par Michel Aglietta, Denis Baupin, Jean-Charles Hourcade et Baptiste Perrissin-Fabert (membre de Bouger les lignes)

Extraits :

"Les alertes sur un possible échec de la COP21 resteront impuissantes tant qu'elles ne feront que pointer les efforts manquants pour respecter l'objectif des 2 °C. Le défi climatique n'est pas qu'une affaire de tonnes de carbone."

"C'est un plan Marshall climat qu'il faut lancer. Il peut sortir l'économie mondiale des risques d'une stagnation séculaire qui menace si les entreprises, sous l'œil attentif de leurs actionnaires, continuent de renâcler devant des investissements de long terme. "

"Un effort diplomatique du Brésil, rejoint par le G7, a permis d'inscrire dans le volet « action immédiate » du projet d'accord, la « reconnaissance de la valeur économique et sociale des activités volontaires d'atténuation et de leurs cobénéfices en matière d'adaptation, de santé et de développement durable ». D'apparence anodine, cette phrase ouvre la voie à la création de nouveaux actifs financiers gagée sur cette « valeur sociale », une sorte de « prix positif ». "

"Un porteur de projet ayant besoin d'un prêt de 1.000 euros pourrait en rembourser une partie en certificats carbone valorisés à la valeur sociale convenue, ce qui réduirait considérablement les risques des investissements bas carbone."

"Le point décisif est qu'un prix positif du carbone évité est plus facile à porter rapidement à un niveau élevé que le prix à payer pour le carbone émis."